Date de diffusion : 05/03/2011 | 2591 lectures
En baie de Seine ou à la Trinité, le rejet en mer des sédiments dragués dans les ports fait réagir écologistes, pêcheurs et certains élus locaux qui dénoncent une pollution "scandaleuse". Qu’en est-il de ces boues qui menaceraient de nous empoisonner ? Entre les raisons de l’économie, et les préoccupations de l’environnement, Ariel Nathan a mené l’enquête. Un dossier complet, à lire ici.
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Alerte aux vases à 01'16''
Un film d’Ariel Nathan
Il fut un temps où les vases étaient considérées comme d’inoffensifs sédiments qu’il fallait simplement draguer pour permettre aux navires d'arriver à bon port. Elles étaient alors déposées plus loin en mer – le principe du « clapage » - ou au plus près, sur des terres agricoles. Un dossier complet à lire ici.
Depuis plusieurs années, de nouvelles contraintes environnementales ont changé la donne : les écologistes suspectent la mauvaise qualité des vases, et le dragage des ports est devenu beaucoup plus surveillé. A Morlaix, entre professionnels de la pêche et autorités portuaires, les protagonistes ont trouvé assez facilement un compromis, puisque la préfecture a respecté le principe de précaution, sur pression des ostréiculteurs qui ont pesé de tout leur poids économique.
A La Trinité sur mer (Morbihan), en revanche, la question des vases s’est très vite révélée beaucoup plus polémique. Pour ouvrir le port aux voiliers de course, les responsables ont décidé de draguer puis de déverser dans la baie de Quiberon, 130 000 mètres cubes de boues. Sauf que… les analyses chimiques ont révélé des traces de TBT, un produit très toxique qui était contenu dans les peintures de bateaux jusqu'en 1987. Forcément, les associations de défense de l'environnement sont montées au créneau.
Sur la seine maritime et fluviale, le dragage s'exerce à très grande échelle. Pour tenir sa place de premier port céréalier d'Europe, Rouen accueille des navires toujours plus importants. L’essentiel des sédiments est déposé devant Le Havre, dans une fosse contestée depuis longtemps par les marins-pêcheurs de l'estuaire.
A terre, les places de stockage sont difficiles à trouver pour des quantités aussi considérables. Alors, que faire ? A Rouen, comme à Morlaix et à La Trinité, l'état des vases nous alerte avant tout sur nos choix de société et les niveaux de pollutions venus des villes et des campagnes. De la discorde à la vigilance : ce qui est nouveau, et peut-être rassurant, c'est que le dragage des ports est désormais sous haute surveillance.

























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